J. Secteur Transport et Logistique

Exemples de meilleures pratiques [704]

Question

Quels sont les exemples de meilleures pratiques dans le secteur Transport et Logistique ?

Réponse

Les gouvernements et les consommateurs ont aujourd’hui conscience de l’importance d’un développement plus durable ; les entreprises – et notamment les transporteurs et logisticiens – ont conscience de leur responsabilité sociétale. Les parlements élaborent des lois visant à améliorer les infrastructures de transport multimodal et réduire l’impact environnemental des plateformes logistiques.

Par exemple, l’« écotaxe poids lourds » est mise en œuvre par la loi n° 2013-431 du 28 mai 2013 portant diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports. Dans un communiqué du 28 février 2013, le Gouvernement a annoncé que l’écotaxe poids lourds entrera en vigueur le 1er janvier 2014. Collectée au kilomètre en fonction du nombre d’essieux du véhicule, cette écotaxe est similaire dans son principe et sa mise en œuvre à la LKW – Maut allemande en vigueur depuis 2005. La LKW Maut étant différenciée en fonction du niveau d’émissions polluantes du véhicule, elle a permis un rajeunissement du parc des transporteurs allemands. L’écotaxe française reprend ce principe, avec une majoration ou minoration du montant kilométrique de la taxe (d’ordre de grandeur 0,1 €/km) en fonction du niveau Euro du véhicule. Le produit de l’écotaxe française sera utilisé principalement pour le financement d’infrastructures ferroviaires : il s’agit d’une fiscalité environnementale visant à produire des externalités positives. voir n°708

Un certain nombre de bonnes pratiques, rendant la chaîne d’approvisionnement plus efficace et offrant des solutions vertes, se sont développées autour des sujets suivants :

Exemple 1 (Plans de déplacements et partenariats avec les agences environnementales)

Un premier exemple de bonne pratique consiste à développer les relations entre les entreprises du secteur et les parties prenantes , notamment dans le cadre de PDU (Plan de Déplacements Urbains) ou de partenariats avec les agences environnementales de l’Etat (par exemple avec l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, l’ADEME).

Plans de déplacements Urbains (PDU) 

Les plans de déplacements urbains (PDU) déterminent, dans le cadre d’un périmètre de transport urbain (PTU), l’organisation du transport des personnes et des marchandises, la circulation et le stationnement. Tous les modes de transports sont concernés, ce qui devrait se traduire par la mise en place d’actions en faveur des modes de transports alternatifs à la voiture particulière : les transports publics, les deux roues, la marche, etc. Ces plans (d’une durée de 10 ans) ont été formalisés pour la première fois dans la loi no 82-1153 du 30 décembre 1982 d’orientation sur les transports intérieurs (dite loi « LOTI »). Ils prennent un caractère obligatoire avec la loi no 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie en 1996 (dite loi « LAURE »). La loi no 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et aux renouvellements urbains (dite loi « SRU »), renforce encore le rôle des PDU.

Exemple 2 (Développement de nouvelles infrastructures)

Un deuxième exemple de bonne pratique est de développer un certain type d’infrastructures comme les autoroutes ferroviaires ou les autoroutes de la mer.

Les autoroutes ferroviaires offrent une alternative rapide et fiable à la traversée d’une zone géographique au trafic dense ou au passage d’un obstacle naturel par la route, par exemple l’autoroute ferroviaire Bettembourg (Luxembourg) et le Boulou (frontière espagnole), itinéraire privilégié du trafic de transit qui traverse la France et en particulier la vallée du Rhône, ou l’autoroute ferroviaire alpine qui offre une traversée des cols entre la France et l’Italie, permettant ainsi d’alléger la congestion d’autoroutes très chargées et la traversée des tunnels alpins.

Les autoroutes de la mer, forme contemporaine du cabotage à courte distance le long des côtes, offrent une alternative intéressante au transport terrestre. Parmi les exemples récents figurent la ligne Saint-Nazaire-Gijon, opérée depuis juin 2010 par Louis Dreyfus Armateur et Grimaldi.

Par ailleurs, de nombreux outils se sont développés afin d’optimiser le chargement, les tournées de livraison et la gestion des stocks. Des actions sont réalisées au niveau local grâce à la construction d’entrepôts autosuffisants en énergie, l’amélioration de l’efficacité de la flotte, le développement de la logistique inversée. Ces actions visent notamment à soulager les zones urbanisées de trafic de fret, comme les trains-navettes qui transportent jusque dans Paris les denrées marchandises des supermarchés ou le transport de marchandises par tram (essais à Dresde en Allemagne et Amsterdam aux Pays-Bas).

Logistique inversée (Reverse logistics)

Encore appelée Logistique des retours, il s’agit d’un système de gestion logistique des produits récupérés du client vers le producteur (recyclage, récupération et autres formes de retours de produits). Les grands logisticiens comme Schenker ou Geodis, qui gère la logistique mondiale d’IBM, proposent de telles solutions complètes de logistique inversées.

Exemple 3 (Actions de formation et économies d’énergie)

La formation des personnes à un comportement durable ainsi que tous les aspects liés au facteur humain/social font partie des bonnes pratiques du secteur (exemple : formation à l’éco-conduite, formation et insertion sociale des chauffeurs, etc.). Ainsi, Renault Trucks propose « Optifuel Solution » permettant une diminution de 5 à 11 % de la consommation en carburant à l’issue de la formation. L’attention portée à la consommation d’énergie et de carburant n’est pas l’apanage du mode routier : ainsi, les transporteurs ferroviaires mettent l’accent sur l’éco-conduite qui peut générer des économies de 10 % (donnée SNCF). Enfin, les grands armateurs ont récemment lancé la démarche « Clean Cargo » qui comprend notamment une réduction de plusieurs nœuds de la vitesse de croisière (‘slow steaming’) par rapport à la ‘grande vitesse’ de 24 nœuds. Ainsi, Maersk estime les émissions évitées grâce au slow steaming à 2 millions de tonnes par an pour sa seule flotte. D’après l’INRETS, le slow steaming est appelé à devenir la norme du transport maritime longue distance.

Exemple 4 (Opérations de maintenance)

Les opérations de maintenance constituent un élément fort des bonnes pratiques du secteur du Transport et de la Logistique notamment via l’entretien des véhicules (pour la diminution des consommations) et du « Total Cost of Ownership » (coût total de propriété, voir n°480). Un autre exemple pourrait être la mesure des émissions de CO2 avec des outils certifiés par une tierce partie, tel que l’ont fait SNCF, Norbert Dentressangle et Danone en France, ou les NS (chemins de fer néerlandais) à l’étranger.

Exemple 5 (Reporting auprès de la Direction générale)

Enfin, une autre bonne pratique du secteur est la mise en place d’un reporting auprès de la direction générale qui recense toutes les infractions routières, les émissions de CO2 ou encore la consommation de carburant. L’implication de la direction générale démontre ainsi la sensibilisation au Développement Durable et à la RSE et l’importance que cela représente pour le transporteur- logisticien et pour les chargeurs.

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