G. Secteur Médias

Les trois enjeux principaux [672]

Question

Quels sont les trois enjeux principaux du secteur des Médias en matière de Développement Durable ?

Réponse

Le secteur des Médias dispose de trois leviers principaux pour renforcer son engagement en matière de Développement Durable. Ces trois particularités couvrent quatre aspects du Développement Durable (environnemental, éthique, social et sociétal).

1. Privilégier la gestion environnementale et la dématérialisation (Aspect environnemental)

La consommation énergétique du secteur des Médias est mesurable dès la conception des contenus (et ce quel que soit le support) jusqu’à l’étape de leur diffusion auprès du public (consommation électrique des émetteurs, des terminaux, déchets des journaux-papiers). La dématérialisation représente une partie de la solution au problème de l’économie d’énergie, mais seulement si elle est analysée ou traitée de manière globale : la dématérialisation d’un sujet diffusé est pertinente dans le cas où cette dématérialisation intervient dès la conception du sujet qui arrive jusqu’au public dans ce même format numérique. Cela suppose qu’à aucun moment on ait utilisé de support analogique. En ce sens, l’évolution des technologies est une réelle opportunité de réduire la facture énergétique des médias. En ce qui concerne le papier (journaux et magazines), les réflexions se portent sur l’utilisation de papiers certifiés, sur la diminution du « taux de gâche », ainsi que la gestion des invendus. Ces bonnes pratiques, découlant d’une volonté initiée par les groupes de médias, impliquent à la fois les collaborateurs de ces groupes, mais aussi leurs fournisseurs et leurs clients (le public).

Pour plus d’informations voir n°690

2. Intégrer la culture Développement Durable dans les contenus (Aspects environnemental, éthique, sociétal)

Dans le domaine de l’information en particulier, mais aussi sur tous les types de programmes diffusés, les médias peuvent insuffler un regard sur le monde au travers d’une analyse intégrant le Développement Durable et influencer fortement les mentalités. En effet, en raison de  la multiplication des supports et de la présence constante des Médias dans le quotidien, les représentations des individus ainsi que leurs modes de vie (tendances de consommation, images de la beauté ou de la réussite) sont fortement influencés par les images renvoyées par les Médias. Avoir une approche durable dans le secteur des médias implique donc de prendre en compte cette influence sur l’individu.

Ainsi, les Médias peuvent choisir d’exercer leur responsabilité dans le choix des programmes ou contenus présentés, afin de veiller à refléter la société dans laquelle ils évoluent : reflet de la diversité, du public, des modes de vie réels.

De manière plus pédagogique, les Médias peuvent également s’engager à présenter des programmes ou contenus en lien avec le Développement durable, afin de sensibiliser le public aux grands enjeux, de préférence de manière non anxiogène, du Développement durable et de faire la promotion d’attitudes responsables. La tendance à ce sujet a peu évolué durant les 15 dernières années, comme l’indique le graphe ci-dessous.

En France, selon une étude de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), en quinze ans (de 1996 à 2010), le nombre annuel de sujets sur l’environnement, l’écologie et le Développement Durable dans les journaux télévisés du soir des six chaînes nationales hertziennes (TF1, France 2, France 3, Canal +, M6, Arte) est resté relativement stable avec un nombre moyen de 1300 sujets, soit au mininum 3 ,5 sujets par jour.

Source : SIRCOME, Environnement : une place modeste dans les JT

On constate également une différence de nombres de sujets environnementaux selon les journaux télévisés des différentes chaines.

Source : inaSTAT n°22 ,"L'environnement dans les JT"

En signant la « charte d’engagement des Médias pour l’environnement » en 2007 avec les pouvoirs publics, les Médias se sont engagés à promouvoir et valoriser les gestes en faveur de l’environnement, à amplifier les émissions ou reportages consacrés aux sujets du Développement Durable, ainsi qu’à procéder à un bilan carbone pour chaque entreprise.

Les médias sont également confrontés à la dimension éthique à travers plusieurs sujets transversaux liés à leurs contenus :

  • L’indépendance des journalistes garantit l’objectivité des contenus,
  • La protection des publics jeunes est un sujet important, à la fois sur internet (accès limité) ou à la télévision (mesures de signalisation des programmes par exemple par le CSA).
  • l’accessibilité des contenus par tous est également un sujet à considérer notamment par les personnes en situation de handicap (sous-titrage des émissions de TV, arrivée sur le marché de robots convertisseurs en braille).

3. Prendre en compte les aspects sociaux dans des métiers souvent précaires (Aspect social)

Les Médias recouvrent de nombreux métiers, dans la production, la diffusion ou l’information, et pour lesquels l’intermittence est assez courante, pour ne pas dire la règle. Favoriser un emploi moins précaire pour tous les métiers des Médias est un enjeu clé pour les entreprises du secteur (types de contrats utilisés, conditions de rémunération, horaires de travail…).

4. Intégrer l’éco-conception dans les supports traditionnels (Aspect environnemental)

L’éco-conception d’un produit est une démarche volontaire destinée à intégrer les questions environnementales dès la conception, là où les actions sont les plus efficaces, dans une optique de cycle de vie. La démarche consiste à évaluer les différents impacts environnementaux des différentes étapes de la conception puis à minimiser ces impacts (par exemple : changement de matériaux, meilleure efficacité énergétique, recyclabilité des matériaux, reprise des produits en fin de vie). Dans le secteur des médias, cela peut s’appliquer aux appareils de diffusion (téléviseurs, ordinateurs, tablettes, téléphones, supports papier…).

Le Règlement no 642/2009 de la Commission européenne du 22 juillet 2009 met en œuvre la directive 2005/32/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences relatives à l’éco-conception des téléviseurs. Les téléviseurs les plus gourmands en énergie ont été retirés du marché à partir de 2010.