F. Secteur Energies, " Utilities " et Mines

Exemples de meilleures pratiques [664]

Question

Quels sont les exemples de meilleures pratiques dans le secteur Energies, « Utilities » et Mines ?

Réponse

Alors que dans les années 1990, la position des entreprises en termes de Développement Durable était largement orientée par les pouvoirs publics et l’obligation de respecter les lois, aujourd’hui, l’approche Développement Durable de ces entreprises relève davantage d’une approche proactive et devient un facteur essentiel de leur performance et de leurs investissements au niveau mondial. En fréquentant quotidiennement les entreprises du secteur, il apparaît clairement qu’un de leurs premiers objectifs est de faire preuve de la plus grande responsabilité et transparence en matière de Développement Durable vis-à-vis du public et des parties prenantes. Ainsi certaines présentent très clairement tous les aspects d’un projet de Développement Durable au travers de l’identification de leurs enjeux économiques, sociaux et environnementaux : répondre aux besoins en énergie, respecter l’environnement, la santé et la sécurité des personnes, l’action pour un développement partagé, la garantie de l’éthique dans les activités, et la fidélisation des talents. A ces enjeux, elles répondent par des objectifs à atteindre, clairs et définis, qui sont intégrés à chaque stade d’avancement de leurs différents projets. Les sociétés du secteur peuvent démontrer ainsi leur savoir-faire dans la maîtrise de grands projets intégrés. Par ailleurs, ces sociétés participent activement à la recherche et au développement et n’hésitent pas à créer des partenariats avec des instituts de recherche ou des universités afin de trouver des solutions viables qui permettent par exemple de répondre aux enjeux liés au développement économique grâce à l’adduction d’eau, mais aussi sur les hydrocarbures, l’efficacité énergétique et la capture-stockage de CO2.

Exemple 1 (Linky, le compteur nouvelle génération - ERDF)

Le compteur Linky est un compteur communicant (nouvelle génération et aussi système d’information associé). Il peut recevoir et envoyer des données et des ordres sans l’intervention physique d’un technicien, et est en interaction permanente avec le réseau. Il contribue ainsi à le rendre intelligent.

Après une phase test réussie entre 2009 et 2011, pendant laquelle 250 000 compteurs ont été déployés sur le territoire, les pouvoirs publics ont décidé en septembre 2011 de généraliser le projet : 35 millions de compteurs Linky seront installés sur le territoire d’ici 2020. Linky fait ainsi partie des investissements d’avenir annoncés par le premier ministre en juillet.

Linky présente de multiples avantages pour les clients et les fournisseurs : meilleur suivi des consommations, payement sur la base du réel plutôt que de l’estimé, gains en productivité avec le traitement à distance des pannes, etc.

Exemple 2 (Indicateurs de performance Développement Durable - Veolia)

Veolia a enrichi son « reporting » depuis plusieurs années en s’efforçant d’appliquer la même exigence à l’ensemble des sujets Développement Durable. En l’absence de référentiel de « reporting » reconnu et pertinent pour ses activités, Veolia a défini ses propres procédures de « reporting », inspirées des bonnes pratiques et projets de normes internationales (www.developpement-durable.veolia.com/fr).

Veolia Eau a défini une nouvelle façon de penser son business : la vision SVR (Service Value Responsibility). Cette nouvelle vision permet de garantir la performance et des coûts contrôlés (à travers le Service), d’optimiser l’efficacité de la ressource naturelle (à travers Value) et de jouer un rôle dans l’équité sociale (à travers Responsibility).

  1. Le « reporting » environnemental a été mis en place chez Veolia à partir de 2002. La mise en place d’un Système de Management Environnemental (SME) constitue l’outil de mise en œuvre de la politique de Développement Durable du groupe dans le domaine de l’environnement et de la santé publique sur l’ensemble de ses sites. Le SME est fondé sur l’amélioration continue des performances environnementales. Il permet au groupe de contrôler et réduire l’impact de ses activités sur l’environnement. Depuis 2004, un « reporting » semestriel a été mis en place pour suivre les deux principaux engagements du groupe en matière de management environnemental : le taux de déploiement du SME et la réalisation des audits des installations prioritaires.
  2. Veolia assure par ailleurs la collecte de données sociales. Depuis 2001, cette opération permet de suivre annuellement plus de cent indicateurs. Ceux-ci concernent les effectifs, leurs caractéristiques et leurs mouvements, les rémunérations, la formation, la durée du travail, la sécurité et le dialogue social. Le recueil mondial de données sociales a débouché sur la mise en œuvre d’un plan de progrès social pluriannuel en vue d’améliorer la performance ; une dizaine d’indicateurs de progrès ont été identifiés et des objectifs quantitatifs ont été fixés.
  3. Veolia Eau a développé en 2012 un nouvel outil de mesure et d’aide à la décision, le Water Impact Index (WIIX), permettant d’évaluer l’empreinte eau d’une usine ou d’un processus de production. Il s’agit plus concrètement de connaitre le véritable impact de l’usage fait de l’eau sur les milieux naturels. L’outil prend en compte trois éléments cruciaux : la quantité d’eau utilisée, le niveau de sollicitation des ressources hydriques et la qualité globale de l’eau. Vallourec, leader mondial des solutions tubulaires premium, a confié à Veolia Eau l’audit de l’empreinte eau de ses sept plus grandes usines dans le monde.

La mise en place de ces outils de pilotage de la performance permet au groupe de publier des tableaux de bord « environnement » et « social ». Les indicateurs reportés font l’objet d’une vérification externe et répondent aux exigences de la loi Grenelle 2.

Exemple 3 (Evaluation et suivi des risques - Guidance SEC)

En Février 2010, la SEC a publié une nouvelle recommandation intitulée « Guidance Regarding Disclosure Related to Climate Change ». Lors d’un webcast SEC organisé le 4 mai 2010 sur cette nouvelle recommandation, un débat s’est engagé sur la notion de matérialité, couplée à la probabilité d’occurrence d’un événement. Reprenant le cas de l’explosion de la plateforme Deepwater horizon (qui avait eu lieu un mois plus tôt), Doug Cogan (Director, Climate Risk Management, Riskmetrics Group) a indiqué ce que BP aurait dû donner selon lui comme information sur ce type d’événement, à savoir : la probabilité d’occurrence de l’événement (telle qu’estimée par le groupe) accompagnée d’un chiffrage de l’ampleur possible des pertes/dommages correspondants et d’une explication du degré de réponse (ie les solutions envisagées si un tel sinistre se produisait) que le groupe était en mesure d’apporter. Selon lui, l’analyse devrait être systématiquement menée (et l’information donnée) dès lors que les conséquences d’un événement sont importantes, même si la probabilité que cet événement se produise est faible et ce, contrairement à l’approche retenue par la recommandation de la SEC qui écarte a priori les événements très peu probables (« if management determines that it is not reasonably likely to occur, no disclosure is required », p. 19). Cette discussion peut être rapprochée de l’initiative lancée fin septembre 2010 par quatre grands groupes pétroliers pour concevoir un système capable de capturer et de maîtriser une fuite de pétrole à grande profondeur (jusqu’à 10 000 pieds, soit 3 000 mètres)… même si in fine « l’objectif est de tout faire pour qu’un tel système ne serve jamais, en creusant des puits corrects, en suivant les procédures établies et les meilleures pratiques, en menant des inspections implacables et en réalisant des tests, des exercices et des formations du personnel approfondis et fréquents afin que ce type d’accident ne se reproduise pas ».

 

Exemple 4 (Evaluation d’un projet de développement durable – Anglo American)

La méthode d’évaluation de durabilité (Sustanability Valuation Approach SVA) est obligatoire au sein du groupe, depuis avril 2013. Elle permet de poser les bonnes questions au bon moment. La méthodologie vise à déterminer la valeur financière des considérations de développement durable dans les projets, et à pousser à obtenir des données et des informations plus robustes pour ainsi rendre le processus de prise de décision plus équilibré.

Il s’agit de prendre en compte et rassembler toutes les disciplines (environnementales, sociales et économiques) en amont d’un projet, ce qui permet d’avoir une image la plus large possible des différentes alternatives possibles. Les personnes ayant à charge la responsabilité d’assurer un impact économique positif du projet comprennent mieux les enjeux opérationnels de développement durable liés à ce projet, et inversement, les opérationnels ont une meilleure compréhension de l’impacté économique du projet.

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