E. Secteur Automobile

Exemples de meilleures pratiques [654]

Question

Quels sont les exemples de meilleures pratiques dans le secteur Automobile ?

Réponse

En matière de « bonnes pratiques » Développement Durable du secteur Automobile, on peut notamment citer les exemples suivants :

Exemple 1 (Véhicules décarbonnés - Environnement)

La prise de conscience de l’opinion publique appuyée par les Etats sur la relation entre les gaz à effet de serre (GES) et le réchauffement climatique a favorisé une intensification de la recherche de modes de déplacements et d’énergie faiblement émetteurs de CO2, voire décarbonés. Soutenues par des politiques fiscales incitatives, notamment en France, une subvention de 5 000 € est envisagée pour l’achat de véhicules électriques à partir de 2014) ou désincitative en appliquant un lourd malus sur les véhicules plus polluants (8 000 € envisagés pour les véhicules émettant plus de 200g/km à partir de 2014). L’Etat participe également aux budgets annuels d’instituts de recherche, à l’image de la participation dans le « réseau de recherche et technologie sur le stockage électrochimique de l’énergie », les nouvelles énergies ont le vent en poupe. Ainsi de nombreuses solutions apparaissent allant de la réduction des émissions de CO2 à l’émission zéro, explicités par les exemples (non exhaustifs) suivants : technologie du « Start & Stop », hybridation des véhicules (hydrogène, électricité, etc.), véhicules à air comprimé, à pile à combustible ou encore véhicules 100 % électriques.

Exemple 2 (Utilisation de l’air)

Après MDI Enterprise et sa Flowair, voiture 100% à air comprimé, PSA Peugeot Citroen a proposé une alternative aux véhicules hybrides-électriques, avec un système couplant air comprimé et moteur essence. La baisse de consommation de carburant est annoncée à environ 45% en situation urbaine. Le développement de telles technologies nécessite d’importants moyens financiers et un potentiel de marché fort, que ce soit en Europe mais également dans les pays en développement. L’intensification des recherches en matière de diminution des consommations de carburant permet à la fois de diminuer le niveau de pollution mais aussi de réduire la facture énergétique d’un pays.

Exemple 3 (Recyclage des matériaux - Environnement)

Le recyclage des matériaux constitue un enjeu majeur pour garantir l’indépendance en matériaux des Etats et des entreprises, relativement à des pays disposant des matières premières nécessaires à la fabrication des véhicules nouvelle génération. Ainsi pour répondre aux exigences de la directive européenne 2000/53/CE portant sur les véhicules hors d’usage (VHU), les constructeurs s’associent à des sociétés de recyclage ou de déconstruction, à l’image en France de Renault-Nissan avec Sita ou de Toyota France avec la SNAM pour les batteries. Toujours en France, l’initiative d’AutoEco répond en partie à cet enjeu en offrant une mesure des performances environnementales ainsi que des informations stratégiques sur la logistique de collecte des déchets employée et sur les acteurs qui y prennent part. Ces informations chiffrées favorisent la concurrence des marques automobiles et les incitent à promouvoir leur « image verte ».

Exemple 4 (La co-création)

La « co-création » est la manière pour une entreprise d’interagir directement avec les acteurs qui vont soit acheter le produit, soit contribuer à son développement ou à sa production. Concrètement c’est une autre manière de voir comment générer de la valeur entre le constructeur et ses clients, ses fournisseurs, ses revendeurs, ses partenaires, ses employés ou encore les Etats. Si le principe émerge actuellement dans de nombreux secteurs industriels, il prend de plus en plus d’ampleur dans l’industrie automobile, notamment pour la conception de nouvelles gammes de véhicules et des services associés.Ainsi, comme l’a fait le groupe Volkswagen en 2011 en Chine à travers le « People’s Car Project », impliquer les utilisateurs dans les phases de conception via des jeux ou concours permet de mieux appréhender les besoins des utilisateurs finaux. C’est aussi une bonne voie pour accroître leur image digitale. Faire participer les utilisateurs aux actions marketing, dans le cadre de lancement, comme par exemple lors du montage d’un script de publicité et les citer dans les credits, permet d’en faire des ambassadeurs de la marque et accroître la fidélité.

Exemple 5 (Indice de performance environnementale des sites)

Michelin a élaboré un indicateur composite permettant d’évaluer l’impact environnemental de ses sites (production, logistique, recherche) et ainsi de piloter sa performance environnementale. Les composantes élémentaires de l’indicateur sont i) la consommation de ressources, ii) les émissions de CO2 et COV (Composés organiques volatils) dans l’air et iii) les déchets générés et mis en décharge. Michelin intègre cet indicateur au tableau de bord du Groupe et à son reporting trimestriel. Les résultats de cet indicateur sont vérifiés par PwC, consolidés et communiqués dans le rapport d’activité.

Exemple 6 (Conditions de travail - Ethique)

Pour garantir la production de véhicules dans de bonnes conditions de travail, constructeurs et équipementiers, tels que les groupes Renault-Nissan comme PSA, partenaires de la Plateforme de la Filière Automobile (PFA), ont indiqué prendre en compte les critères environnementaux, sociaux et éthiques comme des éléments déterminants dans leur sélection des fournisseurs. Ils ont ainsi élaboré des chartes dans le but d’intégrer pleinement leurs fournisseurs dans leur logique de Développement Durable, les obligeant à respecter un certain nombre de critères, portant notamment sur le refus du travail des enfants ou le travail forcé ou sur le respect de l’environnement dans le cadre du processus de production. Leur respect est évalué par le constructeur.

Exemple 7 (Services ponctuels de mobilité - Sociétal)

Les constructeurs ont compris que pour répondre aux nouveaux enjeux urbains et sociaux  de demain, ils se devaient de pénétrer l’univers des services liés à la mobilité. Ainsi, ils rivalisent d’ingéniosité pour combler ce nouveau besoin des consommateurs en proposantdes services ponctuels de mobilité plutôt qu’inciter à l’achat d’un véhicule. C’est ainsi que de nombreux constructeurs proposent leurs propres systèmes d’autopartage, reposant sur leurs propres véhicules, à l’image de « Mu by Peugeot » ou encore le service de « car-sharing » (autopartage) : Car2go développé par Daimler à Ulm depuis octobre 2008 ou en France avec les offres Okigo ou Mobizen, mis en place par des sociétés indépendantes. Les principes de ces offres : offrir un service rapide de location de voiture avec des facturations à la consommation tout en limitant les barrières administratives. Des projets de véhicules électriques en libre-service, à l’image de celui de la Mairie de Paris Autolib’, celui de La Rochelle  ou celui de Nice se développent et permettent d’apporter des réponses aux nouveaux enjeux urbains et sociaux des villes.

Exemple 8 (Passage offre de produit à offre de service – Sociétal)

Michelin a remplacé l’offre d’un produit « vente d’un pneu » par une offre de service : « vente du kilomètre parcouru » : Michelin Fleet Solutions. Cette solution innovante permet à Michelin de prendre en charge l’intégralité du cycle de vie du pneu : diminution de la consommation de carburant grâce à un gonflage ajusté, augmentation de la durée de vie du pneu grâce au rechapage au bon moment et fin de vie adaptée avec récupération du pneu par Michelin.

Par ailleurs, Michelin a sorti récemment une gamme de pneus écologiques qui diminuent la consommation de carburant de la voiture et donc les émissions de gaz à effet de serre pour une même distance parcourue.

Exemple 9 (Sécurité routière – Sociétal)

Les constructeurs investissent sur de nombreuses innovations technologiques en matière de sécurité routière. A titre d’exemple, Toyota met au point un système anti collision qui fonctionne à l’aide d’un radar à l’avant et qui provoque le freinage en cas de risque d’accident non perçu par le conducteur ou qui double le freinage d’urgence en cas de freinage du conducteur.

Par ailleurs des partenariats entre constructeurs ont vu le jour, à l’instar du partenariat Renault – PSA pour la création d’un LAB, laboratoire d'accidentologie, de biomécanique et d'études du comportement humain. Créé en 1969, ce LAB mène des recherches pour comprendre les mécanismes qui conduisent à l'accident et les corrèle aux lésions constatées. Les résultats de ces travaux orientent les choix technologiques des deux constructeurs.

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