L. Secteur Assurance

Les trois enjeux principaux [732]

Question

Quels sont les trois enjeux principaux du secteur Assurance en matière de Développement Durable et de RSE ?

Réponse

Trois enjeux paraissent s’imposer à court terme pour les entreprises d’assurance en matière de Développement Durable et de RSE :

1. Développer des produits et services transparents et sociétalement responsables

Sous la pression des consommateurs combinée à celles des régulateurs, les assureurs ont dû améliorer la transparence de leurs produits pour les assurés, notamment dans le cas de l’assurance vie. Néanmoins, des progrès peuvent encore être faits en ce domaine que ce soit en assurance vie ou en assurance dommage. Par ailleurs, l’un des enjeux important des assureurs est d’innover, de concevoir et développer des produits et services intégrant les attentes de la société en matière d’environnement et de sécurité.

2. Assurer l’accès à la protection pour toutes les catégories d’assurés

Comme indiqué ci-avant ( voir n°730), l’accès à l’assurance est parfois interdit à certaines catégories d’assurés ou proposé à des conditions tarifaires qui rendent le coût de l’assurance prohibitif dès lors que la tarification répond à des contraintes de marché. Assurer le « droit à l’assurance » pour toutes les catégories d’assurés par la mutualisation des risques (qui est le principe même de l’assurance) mais également à la solidarité entre les catégories d’assurés est un premier enjeu, qui a d’ailleurs été bien compris par les assureurs mutualistes qui en font un vecteur de communication institutionnelle.

3. Relayer, voire se substituer à l’action de l’Etat

Suite à des évolutions environnementales (le changement climatique) ou démographiques (le financement des retraites, la maitrise des dépenses de santé) inattendues ou mal anticipées, à l’émergence de nouveaux risques (la dépendance), les systèmes de protection relevant de la Solidarité nationale (assurance des catastrophes naturelles, assurances sociales) sont actuellement confrontés à des difficultés de financement majeures, alors même que les Etats peinent à financer leurs dépenses et à rembourser leurs dettes, ce qui conduit dans de nombreux cas à une pression fiscale jugée destructrice d’emplois dans un contexte de mondialisation économique propice à la délocalisation. Il est clair que les assureurs sont déjà amenés à se substituer de plus en plus à l’Etat pour compenser les insuffisances grandissantes des régimes de protection obligatoires. Entre une vision ultralibérale contestée du fait même de son caractère potentiellement inégalitaire et un « Etat-providence » au bord de la banqueroute, il reste à déterminer comment et à quel prix doit s’effectuer ce transfert de responsabilité.

A titre d’exemple, face au changement climatique, les assureurs ont formulé plusieurs préconisations pour renforcer les politiques publiques de prévention des aléas naturels. Les pistes concernent les 3 aléas naturels majeurs : la sécheresse, les inondations et les tempêtes. Deux exemples de recommandations prioritaires en termes de prévention contre les inondations sont d’accélérer la mise en place des plans de préventions des risques inondation (PPRI) ou encore de multiplier les zones d’expansion de crues (ZEC) dans le cadre des Plans d’Actions de Prévention des Inondations.

Le transfert de l’Etat vers les assureurs de certaines dépenses à caractère social est également illustré par la proposition de généralisation à tous les salariés de l’assurance complémentaire santé, qui figure dans le projet de loi de sécurisation de l’emploi actuellement en discussion. La systématisation de ces assurances complémentaires témoigne des difficultés pour le régime général à trouver des ressources suffisantes (en limitant les coûts) mais pourrait se révéler favorable aux assurés qui étaient jusqu’à présent couverts à titre individuel, en introduisant une participation des employeurs.