D. Secteur Aéronautique, Défense et Sécurité

Exemples de meilleures pratiques [644]

Question

Quels sont les exemples de meilleures pratiques dans le secteur Aéronautique et Défense ?

Réponse

La plupart des entreprises du secteur ont déjà mis en place des démarches proactives dans le but de réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre ainsi que les émissions des avions et aéronefs.

Des objectifs chiffrés ont même été fixés par les instances dirigeantes nationales ou internationales, à différents niveaux :

  1. Au niveau international, par les Nations Unies, via l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) - « International Civil Aviation Organization » (ICAO), en anglais ;

    Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI)

    L’OACI, par l’intermédiaire de son Comité de la Protection de l’Environnement en Aviation réalise des travaux concernant les émissions de l’aviation depuis plusieurs décennies. Les efforts de l’OACI se sont traduits par diverses mesures comme la publication de normes et documents d’orientation, le support aux améliorations technologiques, ou l’application de mesures de marché (www.icao.int).

    A noter que l’OACI est mandaté par les Nations Unies pour coordonner l’ensemble des actions de l’industrie au niveau mondial en ce qui concerne la régulation des émissions visant :

    • une amélioration de l’efficacité énergétique de 1,5 % par an en moyenne sur la période 2009-2020, et
    • une réduction des émissions de CO2 par 50 %, à horizon 2050.
  2. en Europe, par la Commission européenne et l’ACARE ;

    Commission Européene – Délégation générale Mobilité et Transport

    L’UE, qui estime que le trafic aérien continuera à croître de 5 % par an d’ici 2030, a fixé pour objectif de réduire de 50 % la consommation de carburant d’ici à 2020.

    L’ACARE (Advisory Council for Aeronautics Research in Europe) a fixé les objectifs suivants pour 2020: réduction de  50 % des émissions de CO2 grâce à une réduction importante de la consommation de carburant, réduction de 80 % des émissions d’oxydes d’azote, réduction de 50 % du bruit et mise en place d’un cycle de vie produit respectueux de l’environnement. en France, par le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile (CORAC).

  3. en France, par le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile (CORAC).

    Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile (CORAC)

    Suite au Grenelle de l’Environnement, une feuille de route a été établie au printemps 2009 fixant des objectifs ambitieux à horizon 2020 : réduction d’un facteur 2 du bruit perçu, diminution de 50 % des émissions de CO2 et de 80 % des émissions d’oxydes d’azote. Ces objectifs sont en ligne avec ceux fixés par l’ACARE au niveau européen (voir ci-avant).

On voit ainsi que ces instances ont pleinement conscience de l’importance du développement de l’industrie A&D comme moteur de la croissance économique et du fait que ce développement doit être durable. La Commission européenne et l’industrie ont investi 1,6 milliards d’euros dans des projets de recherche et d’innovation technologiques durables, comme par exemple, le projet Clean Sky JTI.

Clean Sky JTI

Clean Sky JTI (Joint Technology Initiative) est - avec un budget estimé à 1,6 milliards d’Euros - l’un des plus importants projets de recherche européen de l’histoire. Pour la première phase, ce budget qui couvrait la période 2008-2013 était réparti de façon égale entre la Commission européenne et les acteurs privés de l’industrie. Un tel partenariat public-privé a accéléré considérablement le rythme du développement technologique et réduit les délais de mise sur le marché de nouvelles solutions. Or, il est particulièrement critique d’accélérer le rythme de création de solutions durables. En effet, il faut garder à l’esprit que l’industrie aéronautique connait des cycles de vie très longs (30 ans) et que la conception d’un nouvel appareil prend une dizaine d’années. L’accélération du rythme des innovations que permet le projet Clean Sky constitue donc une opportunité sans précédent pour une évolution durable de l’aviation.

La deuxième phase de Clean Sky a été lancée le 10 juillet 2013 et couvre la période 2014-2024. Lebudget alloué est de 4 milliards d’euros, dont 1,8 de financement public européen. (www.cleansky.eu).

Exemple 1 (Procédé Innovant de Management des Avions en fin de Vie / PAMELA)

Process for Advanced Management of End of Life of Aircraft) Ce projet piloté par Airbus dans le cadre du programme LIFE de la Commission européenne est une plateforme expérimentale ayant pour objet d’analyser la gestion possible de la fin de vie des appareils, des points de vue environnementaux et économiques, afin de promouvoir les meilleures pratiques et de les diffuser.

Exemple 2 (Système de Freinage entièrement électrique - Bombardier)

Création d’un système de freinage entièrement électrique. Cette technologie innovante permet non seulement d’accroître l’efficacité énergétique des appareils, mais elle permet également de réduire l’utilisation des liquides toxiques du système hydraulique.

Exemple 3 (Système de « Green taxiing » – Safran-Honeywell)

Actuellement, les réacteurs assurent la propulsion des avions durant les phases de roulage au sol (‘taxiing’). Cette utilisation des réacteurs est très peu optimale et le rendement très défavorable, alors que la congestion des aéroports peut entraîner de longues phases de roulage et d’attente au sol. L’ajout d’un système de propulsion électrique, innovation présentée au salon du Bourget en 2013 permettant de déplacer l’avion au sol à faible vitesse, peut générer jusqu’à 4 % d’économies de carburant.

Exemple 4 (Comparaison de l’empreinte CO2 des fournisseurs - Thales)

La direction des achats de Thales a mis en place en 2009 un dispositif permettant de choisir des fournisseurs moins polluants en calculant l’empreinte CO2 liée au transport des matériels. Ce nouveau dispositif s’ajoute aux outils d’évaluation de l’impact environnemental déjà utilisés par Thales dans le cadre d’appels d’offre. La « note environnementale » obtenue par les fournisseurs compte pour 5 % dans la note finale de l’appel d’offres.

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