K. Directeur des Risques et Assurances

Difficultés à surmonter [517]

Question

Quelles sont les principales difficultés rencontrées et comment les surmonter ?

Réponse

Dans sa démarche Développement Durable, le Directeur des Risques et Assurances sera plus particulièrement confronté aux difficultés suivantes :

1. Acquérir la légitimité

Le Directeur des Risques et Assurances doit convaincre de sa légitimité pour assurer son rôle de coordination (entre les différentes fonctions) et de conseil (auprès de la Direction Générale). Il doit également convaincre de la nécessité d’intégrer le Développement Durable à son travail au même titre que les sujets plus historiquement traités par la direction des Risques. Nous avons vu que ce n’était pas à lui de décider de la politique de l’entité en matière de Développement Durable (rôle du Conseil d’administration, sur proposition de la Direction du Développement Durable, validée par la Direction Générale), mais qu’il a en revanche la responsabilité de donner une assurance raisonnable quant à la maîtrise des risques. Il est bien évident qu’il devra s’appuyer sur la direction du Développement Durable si celle-ci existe.

2. Gérer la diversité culturelle au sein du groupe (cas des entreprises internationales)

En matière de Développement Durable, il est important de bien comprendre le contexte local dans lequel évolue chaque entité du groupe. Le même risque peut ne pas être appréhendé de la même façon par les parties prenantes selon l’évolution de la réglementation du pays concerné, mais également selon la maturité du marché. En effet, l’approche dépend beaucoup du niveau de perception de ce risque dans le pays (ou zone d’activité) en question et de la communication que l’entité (la filiale) aura faite sur le thème correspondant. Ce qui rend plus complexes la détection, le suivi et l’évaluation des risques liés au Développement Durable (par rapport à d’autres types de risques moins dépendants de l’image de l’entreprise et du milieu culturel où cette dernière évolue).

Exemple

Les pratiques en droit du travail ou de prévention de la corruption sont particulièrement variables d’une zone géographique à une autre. L’arbitrage entre la culture et la conviction du Groupe (par exemple basé en France) et la culture et la pratique courante dans un pays d’implantation est délicat, et ne peut pas être traité de manière simpliste. Une analyse approfondie est nécessaire pour adopter une stratégie éthique et pratique se déclinant opérationnellement de manière cohérente.

3. Arbitrer les risques

Une des fonctions de la direction des Risques et Assurances est d’arbitrer entre les risques acceptables pour l’entreprise, les risques à mitiger par la mise en place d’actions (visant à réduire la probabilité d’occurrence (ex. : formation et sensibilisation à la sécurité sur site industriel pour réduire le taux de fréquence des accidents du travail) ou la gravité de ceux-ci (ex. le port d’équipements de sécurité – chaussures de sécurité, casque, e tc.- pour réduire la gravité des accidents), et les risques à transférer par mise en place d’une assurance. L’arbitrage est à faire risque par risque : un risque d’image ne se couvre pas par exemple.

L’analyse à conduire pour arbitrer entre mitigation et assurance doit également tenir compte de l’horizon de temps, qui peut être particulier sur les thématiques Développement Durable (celui-ci étant par définition à considérer sur le plus long terme que les sujets historiquement traités par les entreprises). L’anticipation peut être faite à plusieurs niveaux, avec une décision pour le court terme, et une autre sur le moyen terme. Citons par exemple le cas du scandale alimentaire de la présence de viande de cheval dans des produits étiquetés bœuf en 2013 : une décision court-termiste serait d’assurer une communication rassurante au grand public et d’effectuer des vagues de contrôles rapidement sur sa chaîne d’approvisionnement afin de convaincre l’opinion publique, mais celle-ci pourrait s’accompagner de mesures à horizon plus lointain d’approfondissement ou d’élargissement des actions de contrôle et de sensibilisation des partenaires de la chaîne d’approvisionnement afin de réduire le risque de nouvel accident.