G. Directeur de Production

Les nouvelles choses à faire [474]

Question

Le Développement Durable implique-t-il de nouvelles choses à faire dans la fonction Production ?

Réponse

Sans forcément parler de nouvelles tâches, il est incontestable que la prise en compte du Développement Durable va amener le Directeur de Production à renforcer de façon significative son approche sur différents sujets.

1. Réduction systématique des risques

Par-delà la gestion quotidienne des risques incombant au Directeur de Production, le développement d’une connaissance précise et systématique de l’ensemble des risques et des impacts potentiels de ses activités - tant sous l’aspect environnemental, que sous l’aspect hygiène et sécurité des collaborateurs (stress, troubles musculo-squelettiques) et sous l’aspect sécurité des consommateurs (traçabilité des produits) - est un élément qui, sans être nouveau, ne fait que croître en adéquation avec l’enrichissement des réglementations et la prise en considération de ces enjeux par le public.

Dans un tel contexte, le Directeur de Production doit être conscient de ses responsabilités et considérer que son métier ne se limite pas au fonctionnement des installations dont il a la charge pour assurer la production qui lui est demandée, mais qu’il doit prendre en considération l’ensemble des impacts environnementaux et humains liés à ces installations. Il devient un acteur de la sécurité de l’entreprise et par voie de conséquence de sa pérennité en diminuant, par sa vigilance, et son implication les risques d’accident.

Ce travail n’est bien entendu pas à conduire de façon isolée, mais il doit faire partie des réflexions du management aux côtés des principaux responsables de l’entreprise pour mener une démarche structurée et convergente de maîtrise des risques.

2. Préparation pour répondre aux situations d’urgence

Quel que soit le niveau atteint en matière de maîtrise des risques, l’incident ou l’accident peut toujours arriver, soit par juxtaposition de situations critiques, soit par erreur humaine, soit encore en raison d’un événement qui n’avait pas été prévu. Le Directeur de Production doit avoir identifié au mieux ces situations appelées « situations d’urgence » afin d’être capable d’y répondre avec les meilleurs réactions pour préserver ses opérateurs, son outil de production, ses locaux, les populations riveraines et l’environnement. L’accroissement des risques lié au changement climatique doit désormais être mesuré.

Dans les installations à risques (soumises à la réglementation sur les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement - ICPE), les autorités peuvent demander l’élaboration d’un Plan d’Organisation Interne (POI) - qui permettra, situation d’urgence par situation d’urgence, de lister les capacités de réaction et d’intervention de l’entreprise. Le POI permettra ainsi d’engager les premières actions dans l’attente de l’intervention des services de sécurité qui, disposant eux-mêmes du même POI, pourront gagner un temps précieux pour déployer leurs moyens d’intervention.

La norme ISO 14001 comporte également un chapitre sur les situations d’urgence qui revêt la même finalité : préparer une organisation à faire face à une situation difficile en limitant autant que possible les conséquences de cette situation sur l’homme, les biens et l’environnement.

Notons enfin qu’une bonne maîtrise des situations d’urgence permettra le cas échéant de mettre en œuvre des modes de fonctionnement dits « dégradés » qui permettront de préserver une partie de la production tout en respectant les exigences basiques de sécurité des personnes, des biens et de l’environnement.

Voir également sur ce point la guidance SEC de février 2010 sur l’information à donner sur l’évaluation et le suivi des risques au  n°664.

3. Transformation de la chaîne de production

La maîtrise des consommations énergétiques, l’intégration de matériaux secondaires (produits de substitution à la matière première) ou recyclés dans les procédés de fabrication, ou encore l’optimisation de la gestion des déchets peuvent nécessiter des réorganisations de la chaîne de production, la rénovation ou le remplacement d’équipements plus performants ou l’intégration d’unité de traitements (préparation des matériaux recyclés en amont, filtration et dépollution en aval). Selon la typologie de l’outil industriel, le monitoring des installations peut mobiliser de nouveaux types d’expertise d’ingénierie environnementale, énergétique, informatique. Les flux environnementaux font alors davantage partie intégrante des processus de production et présentent d’importants leviers d’innovation (voir n°460), comme l’illustre l’approche « cradle-to-cradle ».