G. Directeur de Production

Difficultés à surmonter [477]

Question

Quelles seront les principales difficultés rencontrées et comment les surmonter ?

Réponse

Le Directeur de Production peut être confronté à différentes difficultés qui pourraient l’empêcher d’assumer ses responsabilités en matière de Développement Durable.

1. Ne pas se reposer sur d’autres managers

La principale difficulté serait de penser que la gestion des opérateurs repose sur le Directeur des ressources humaines, que leur santé incombe au médecin du travail, que le respect de l’environnement est du ressort du responsable environnement et que les notions de sécurité des produits sont l’affaire du responsable qualité.
Membre du management, le Directeur de Production est un manager essentiel dont le comportement influence de façon significative les risques générés par les « process » de l’entreprise. Même si celui-ci dispose d’une marge de manœuvre limitée entre la Direction générale et la Direction de la stratégie qui fixent les orientations, le bureau d’études et le service des méthodes qui planifient les activités et le service maintenance qui maintient les installations, le Directeur de Production doit assumer sa part de responsabilité en tant qu’exploitant des installations techniques et être force de proposition pour permettre de faire évoluer ses « process ». Identifier les parties prenantes à l’activité de production, tant internes qu’externes à l’entreprise, permettra de clarifier les rôles et responsabilités du Directeur de Production en matière de développement durable vis-à-vis des autres fonctions et les objectifs et canaux de communication partagés avec l’extérieur.

2. Trouver des partenaires et démontrer la rentabilité de ses investissements

Le Directeur de Production cherchera à travailler de façon étroite avec le service des méthodes pour l’aider à concevoir des « process » sûrs et performants en matière d’environnement, avec un souci permanent de limitation à la source des consommations de matières premières et d’énergie. Il sera également particulièrement proche du service maintenance pour garantir la fiabilité de ses installations, limitant ainsi les risques d’incident ou d’accident pouvant impacter tant les opérateurs que l’environnement. Il veillera également à ce que les opérateurs disposent d’un niveau de compétence adapté aux risques de leur poste de travail et participera autant que de besoin à l’élaboration des plans de formation. Enfin, il devra compter sur l’appui financier pour ses projets d’investissements en démontrant leur rentabilité économique et les bénéfices sociaux et sociétaux attendus.

3. Maîtriser les calendriers d’intervention

Pris entre nécessité de continuer à produire et celle de s’arrêter pour maintenance, contrôle, etc., le Directeur de Production a des calendriers d’intervention à gérer, faute de quoi il peut se retrouver dans des situations délicates avec à la clef des risques d’accident, de pollution doublés éventuellement d’un risque d’image si les associations et les médias s’en mêlent.

4. Prendre en cas de besoin la décision d’arrêter la production de manière temporaire

Sa connaissance des risques liés au fonctionnement de ses « process », sa capacité d’anticipation et ses moyens d’intervention ne fournissent pas au Directeur de Production une assurance tous risques lui garantissant une activité sereine. Face à un incident ou à un accident, il sera le premier manager à devoir décider l’arrêt temporaire des installations, avec à la clef celui de la production et éventuellement des difficultés importantes pour répondre aux commandes des clients de l’entreprise.
Le Directeur de Production devra s’appuyer sur une chaîne de responsabilité permettant d’intervenir et de stopper le cas échéant la production au plus près de la survenue de l’incident (pollution de nappe, nuage toxique, etc). La sécurité et la maîtrise des risques environnementaux reposent sur l’ensemble des opérateurs et managers de la chaîne de production qui doivent être sensibilisés pour prendre la bonne décision à leur niveau. La pression et la sensibilité des parties prenantes sont devenues des éléments majeurs à prendre en compte dans de telles situations où le risque de détérioration de l’image de l’entreprise est in fine plus important que celui lié au non-respect d’un échéancier de production.