F. Directeur de la R&D

Prise en compte du Développement Durable dans les tâches habituelles de la fonction Recherche et Développement [462]

Question

Qu’est-ce que cela change pour les tâches habituelles de la fonction Recherche et Développement ?

Réponse

L’intégration du Développement Durable dans les tâches habituelles du Directeur Recherche et Développement (R&D) concerne notamment les points suivants :

1. Planification et gestion du portefeuille-projets

Le Développement Durable n’est pas encore considéré aujourd’hui comme un critère d’arbitrage. Ainsi, lors d’une étude récente conduite par PwC en 2010 (« Innovation et Performance : où en est votre R&D ? ») très peu d’entreprises jugeaient le Développement Durable comme un paramètre contraignant susceptible d’impacter la performance de leur R&D. Les entreprises affirmant être concernées - à quelques exceptions près - étaient bien souvent celles pour lesquelles la réglementation (taxe carbone) avait un impact fort.
Compte tenu des enjeux stratégiques qu’ils représentent pour les entreprises (voir ci-avant  n°460), les critères Développement Durable devraient être davantage pris en compte par les responsable R&D dans la planification et la gestion de leurs projets, notamment lors de la conception des produits et des procédés de fabrication.

2. Intégration du Développement Durable dans le « Design to cost » des produits

Cette démarche consiste à concevoir d’une nouvelle manière le processus de fabrication d’un produit existant pour le produire à un coût total donné tenant compte des impacts Développement Durable (voir la notion « Total cost of ownership » voir n°480). Par exemple, le processus de fabrication d’un produit sera modifié pour tenir compte du coût de l’énergie nécessaire à sa fabrication mais également du coût des dépenses d’énergie engagées lors de son utilisation (par le consommateur ou le client) et du coût de ses émissions de CO2. Cette approche est également applicable aux nouveaux produits dès lors que l’on souhaite mettre sur le marché des produits plus respectueux de l’environnement, à « iso-coût » plus compétitifs par comparaison aux produits existants. La prise en compte du coût total de possession (ou « Total cost of ownership » / TCO) comme facteur de décision dans l’acquisition d’un équipement, conduit les fabricants à optimiser le coût d’exploitation/d’utilisation par le client (du produit concerné) et donc à s’attacher à la réduction de sa consommation énergétique et de son coût de recyclage en fin de vie.

3. Evaluation de l’impact sur l’environnement des nouveaux produits conçus

Le degré de maturité de la réflexion Développement Durable est différent d’un secteur d’activité à un autre. La fonction Recherche et Développement sera en conséquence plus ou moins encline à mesurer l’impact sur l’environnement des nouveaux produits qu’elle met sur le marché. Dans certains cas, il s’agira d’une tâche nouvelle pour cette fonction (voir ci-après voir n°464). Ceci passe par le recours aux Analyses de cycle de vie (ACV), seule technique permettant de quantifier le bilan environnemental des choix effectués aux différents stades d’avancement de la conception du produit (nature des matières premières, procédés de fabrication, conditions d’utilisation, transport, fin de vie, etc.).

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