F. Directeur de la R&D

Par où commencer ? [466]

Question

Quelles sont les trois choses pratiques à faire pour commencer ?

Réponse

En pratique, et selon les circonstances propres à chaque société, les actions suivantes pourront être entreprises :

1. Information et acculturation

Le Directeur de la Recherche et Développement n’est pas naturellement au fait des questions de Développement Durable. Il doit donc - en premier lieu - s’informer et se former. Même si ce préalable d’acculturation au Développement Durable ne lui est pas spécifique (d’autres fonctions auront à faire de même), il pourra être intéressant par exemple de lire un certain nombre de rapports Développement Durable, rapports qui fournissent des informations sur les domaines d’innovation investigués, les projets en cours et les résultats obtenus en matière de Développement Durable par les entreprises concernées.
A cet égard, il sera également utile que le responsable Recherche et Développement aille au devant du Directeur du Développement Durable pour entamer une première réflexion quant à ses programmes de Recherche et Développement et analyser leur caractère contributif à la politique de l’entreprise en matière de Développement Durable.

2. « Business case »

Dans le cas où la Direction Générale n’a pas elle-même défini les actions à entreprendre en matière de Développement Durable pour la Recherche et le Développement, son responsable peut réfléchir à la construction d’un « business case », à soumettre à cette même Direction Générale. L’objectif est alors de démontrer l’intérêt économique, financier et en termes d’image de la prise en compte des aspects Développement Durable pour l’entreprise. Cette démarche est d’autant plus utile qu’elle est conduite en coordination avec la Direction Développement Durable (voir sur cette fonction  n°570 s.) et la Direction Marketing (voir sur cette fonction  n°430 s.).

Exemple (Marée noire dans le golfe du Mexique - Explosion de la plateforme Deepwater Horizon)

L’exemple de l’explosion de la plateforme de forage Deepwater Horizon en avril 2010 et de la catastrophe écologique qu’elle a entraînée dans le golfe du Mexique montre les limites d’un « business case » qui ne prend en compte que les paramètres techniques et financiers liés à une exploitation courante, sans intégrer les coûts financiers (pondérés) associés au risque de survenance d’un tel événement. Les techniques de colmatage de puits en eaux profondes n’étaient pas suffisamment au point et éprouvées et ont donné lieu à des expérimentations en pleine crise alors que les solutions auraient dû être trouvées et testées plus tôt. Le surcoût et les délais nécessaires pour mettre au point ces solutions auraient induit un coût supplémentaire dans le « business case » initial d’exploitation du puits (même si ce coût aurait pu être mutualisé sur l’ensemble des plateformes offshore en eaux profondes)… mais aurait permis d’éviter la catastrophe et l’ensemble des coûts d’indemnisation et de perte d’image qu’elle a engendrés.

3. Entreprendre une première action opérationnelle

Elle peut consister en un examen de l’ensemble du portefeuille actuel de projets de recherche et développement, en identifiant ceux qui répondent déjà aux préoccupations Développement Durable de l’entreprise. Une autre approche peut consister à faire un état des lieux sur un cas « pilote » : il s’agit alors de prendre le cas pratique d’un produit en cours de conception (ou de reconception) et de calculer l’impact environnemental des versions successives du produit. Ces bilans environnementaux permettent de mieux orienter les travaux de recherche et de développement liés au produit étudié, mais également d’en tirer des enseignements pour des produits similaires.