L. Directeur de l'Immobilier

Les nouvelles choses à faire [524]

Question

Le Développement Durable implique-t-il de nouvelles choses à faire dans la fonction Immobilier ?

Réponse

Outre l’incidence du Développement Durable dans ses tâches habituelles ( voir n°522), le Directeur de l’immobilier devra également changer son organisation, créer de nouveaux outils et endosser de nouvelles responsabilités.

1. S’organiser en équipe transversale pour répondre aux nouveaux enjeux

De manière à répondre aux besoins suivants :

  • Nouvelle compétence
    En premier lieu, le Directeur de l’Immobilier devra intégrer une nouvelle compétence Développement Durable au sein de son équipe, par exemple en désignant (recrutant ou formant) un responsable plus spécifiquement chargé des questions Développement Durable ;
  • Lien avec la fonction Développement Durable
    Il paraît également nécessaire de préciser les relations et le partage des responsabilités avec la fonction Développement Durable (si cette dernière existe au sein de l’entreprise) et que ce partage soit clair sur le plan hiérarchique.
  • Lien avec la Direction Technique

Le département technique est souvent garant des relations avec les prestataires techniques et donc de la collecte d’informations relatives à la performance environnementale des actifs. Ainsi, il doit être en relation directe avec la fonction Développement Durable pour assurer une collecte exhaustive de l’information.

Sur la fonction « Directeur du Développement Durable », voir n°570.

Enfin, il faut prévoir- en interne - la mise en place de procédures permettant d’intégrer systématiquement les questions Développement Durable dans chaque projet et opération immobiliers.

2. Se doter des moyens nécessaires pour suivre les impacts Développement Durable

La Direction de l’Immobilier doit notamment se préoccuper :

  • de quantifier les coûts induits par le Développement Durable, ce qui nécessite de mettre en place des outils de gestion adaptés ;
  • d’anticiper les questions relatives à la santé et au confort de vie des collaborateurs ou occupants des immeubles utilisés (ou des futurs occupants des immeubles pour ceux en construction), par exemple en matière de confort acoustique ou de qualité de l’air ;
  • de s’assurer du respect des performances énergétiques, par exemple dans le cadre d’un diagnostic (voir ci-après).

Exemple (Charte Ecoproperty Management© - BNP Paribas Real Estate)

Jusqu’à présent, les métiers immobiliers ont surtout participé à la lutte pour la protection de l’environnement en axant leurs efforts sur les techniques constructives (gestion des chantiers, choix des matériaux). BNP Paribas Real Estate a souhaité apporter une réponse complémentaire et innovante pour les immeubles terminés. C’est pourquoi le groupe a lancé la 1re charte européenne destinée à poser les fondations d’une gestion durable des bâtiments tertiaires (gestion + maintenance).
Appelée Eco Property Management©, cette charte est une marque déposée dans 8 pays européens, depuis novembre 2007.
En administration de biens d’immobilier d’entreprise, BNP Paribas Real Estate invite ses fournisseurs et sous-traitants à signer et à respecter cette charte. Ils sont déjà plusieurs dizaines à l’avoir fait.
A travers cette charte, le groupe prend 4 engagements auprès des clients qui lui confient la gestion de leurs immeubles de bureaux :

  • 1er engagement : contrôler les produits et les matériels utilisés, en facilitant la sélection de matériels faiblement consommateurs d’eau et d’énergie et de produits labellisés sans substance pétrochimique ;
  • 2e engagement : participer à la réduction des rejets de gaz à effet de serre, à la baisse de la consommation d’eau et d’énergie et à la diminution des déchets en facilitant la mise en œuvre d’outils de contrôle et de gestion des flux ;
  • 3e engagement : contribuer à valoriser le patrimoine géré en recherchant de nouvelles méthodes d’exploitation conformes aux impératifs du Développement Durable et aux nouvelles réglementations à venir ;
  • 4e engagement : généraliser les bonnes pratiques et susciter un nouveau savoir-faire de gestion des immeubles en participant à la constitution d’un socle de connaissances ouvert à ses partenaires et clients.

3. Responsabilité sociale, éco-conception et choix des matériaux

Dans son action de gestion du patrimoine, la Direction Immobilière est particulièrement concernée non seulement par la réduction des coûts d’entretien et de la consommation d’énergie des bâtiments (voir ci-avant  n°522 point 2) mais également par le choix des matériaux utilisés dans la rénovation ou la construction des bâtiments, qui peuvent avoir un impact en matière d’éco-conception (voir ci-avant  n°522 point 3).

Exemple (Certification du siège social d’Eiffage Construction)

« 43e passeport délivré par l’organisme de certification CertiVéa, le bâtiment d’Eiffage Construction est la 9e opération à obtenir un niveau exceptionnel en phase réalisation sur de la construction de bureaux en France et le 6e en Ile-de-France. Pour obtenir la certification HQE niveau exceptionnel, les performances sont déterminées à partir de quatre thèmes : énergie, environnement, santé et confort. La somme des étoiles obtenues pour chaque thème détermine le niveau global du bâtiment. Les quatre niveaux de classement HQE vont de « Bon » à « Exceptionnel » avec 12 étoiles et plus. Avec 14 étoiles : 4 pour les thèmes Environnement et Confort, et 3 pour les thèmes Energie et Santé, l’immeuble de bureaux de Vélizy livré fin 2011 obtient le meilleur niveau de classification. Ce passeport vient en complément de la certification NF Bâtiments Tertiaires HQE que le bâtiment possède déjà » (Source site Web Le Moniteur – Février 2013)